FW:9/6/2015 12:32:57 AM
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Cail Bernard
Rencontres..................
Hors de son domicile,
dans l'exercice périlleux du nomadisme,
le premier voyageur rencontré, c'est toi même !
dans l'exercice périlleux du nomadisme,
le premier voyageur rencontré, c'est toi même !
Josépha m'a tué.
1-Prévisible.
La machette m’atteignit d’ abord au bras.
Bizarrement aucune douleur dans le choc, pourtant violent, puis un second coup dans le dos me fis me retourner .Les trois hommes invisibles dans le noir se saisirent de la pochette en jean, sans chercher, ils la trouvèrent immédiatement me laissant là, dans mon sang, la nuit était belle.
J’entendis juste le crissement revenu des grillons dans les fourrés, j’ai encore eu le temps de voir quelques lucioles se confondre avec l éblouissement et l’extase paisible qui m’envahi avant de mourir.
Pourtant, cette pochette en jean contenant passeport, carte bancaire et quelques milliers de pesos, personne ne la connaissait, plate comme une deuxième peau, invisible, sur le cote de mon bas ventre, accrochée solidement plus haut sur ma ceinture.
2-Josépha
Josépha surgit de nulle part, éclipsant par sa démarche animale la plupart de ses concurrentes.
Elle avait du métier malgré ses vingt ans.Sa peau noire comme une olive contrastait extraordinairement avec deux yeux agiles doux et aimantés pour tout homme passant dans leur faisceau.Un gringo fut sa première prise, il se leva a son appel, hypnotisé, la batchata résonnait dans nos tètes, les couples transpirant sous les ventilateurs se frottant sans retenue en un érotisme fascinant.
Kako, el dueno, dans son coin plus sombre, étirait ses jambes en relevant son tee short pout aérer son ventre luisant, noir et rebondi, il attendait.
Cinq ou six filles faisaient boire les clients haïtiens venus des environs, et quelques gringos locaux, installés avec femme noire et enfants pour oublier une vie antérieure, trouble la plus part du temps, ici pas de passé.
Notre présence de coopérants dans les bateys haïtiens était tolérée par les pègres locales, même la nuit pour aller à la discoteca, une petite masure tôlée, dans une impasse étroite et en pente.
Josépha partagea avec nous vuelques bières, sa jeunesse et sa fouge enflammant la piste et nos sens.
Tout nouvel arrivant devant ces danses d’une extraordinaire sensualité ne pouvait détacher son regard de ces corps ondulants, luisants, lascifs, d une beauté supérieure.
Les ruelles étroites du batey tout autour, abritaient des dizaines de jeunes noirs assis ou couchés plus ou moins par terre, il leur suffisait d étendre les jambes pour barrer le passage complètement.
La lourde chaleur de la nuit faisait briller leur peau noire.
La musique faisait bouger les tètes et les mains de ceux dehors qui, ne pouvant rentre r faute des 100 pesos pour une bière, attendaient. Les mains claquaient ouvertes au passage d un nouveau client, des chiens jaunes, faméliques, dormaient ça et là.
Les consignes étaient de rentrer tôt, de préférence à plusieurs, un bon kilomètre à pied dans la forêt nous séparait du camp, nature exubérante, plantes exotiques et crissements d’insectes invisibles garantis.
3-Ambiguité.
Le mois précédent ma mort me montra Josépha dans un tout autre contexte.
Le dimanche matin était consacré aux matchs de base ball, accompagné d un pasteur sur un terrain vague jouxtant le batey. Je ne la reconnu pas immédiatement sa panoplie de travail du soir déposée, elle vint me saluer en souriant vêtue d une toile percée et pieds nus, le pasteur avec qui je discutais lui demanda de s’asseoir, elle parlait créole et espagnol.
Sa silhouette m’est devenue familière, ainsi que son sourire, elle me présenta plus tard sa petite fille de 4 ans. Tous les jours je passais devant sa masure , la situation dans le batey était très tendue car la nourriture manquait vraiment, les enfants avaient le regard creux et vague.
Josépha devint de plus en plus proche tous les jours elle me proposait le mariage ou le concubinage malgré nos 40 ans de différence d âge.
La situation affective se compliqua lorsque sa fille s’attacha beaucoup a moi, j étais dans une nasse pris au piège, non préparé, fragile, jamais mon regard n’a été pour Josépha celui d’un amant possible, trop simple aussi de dire que c’est un regard de père ni l’ un ni l’autre n était vrai .
4-La dengue.
La chaleur et la moiteur omniprésente, la dengue fiévreuse finirent par avoir raison de ma lucidité. Josépha vint me soigner au camp huit jours de fièvre et d’hallucinations, la batchata en fond sonore, toujours et puis comme une marée qui se retire, la fièvre a reculée . Josépha m’expliqua la situation dramatique de l’absence de nourriture.
La notion d’amitié que je tentais d établir absolument lui était complètement étrangère, incompréhensible, un gringo ne pouvant être que mari ou client, pas de place dans cette situation extrême de famine ou la vie et la mort se côtoient.
Sa pression me devint insupportable, j’en vins à demander conseil à Kako son dueno de la discoteca.
Sa réponse fut sans appel, épouse la ou vit avec si tu ne peux pas, chasse la très fort et ne t’en occupe plus.
Les curés se sont protégés pour approcher les femmes, moi j’étais ivre des bons sentiments existant seulement pour ceux qui ont le ventre plein.
Josépha m ' annonça son deuxième enfant de père inconnu, je vis dans ses yeux de la peur et de la haine, mon engagement ici touchait a sa fin après un an de travail.
Josépha me dit adieu le matin de mon départ.
5-Le traquenard.
Je revins de la ville avec l’argent nécessaire à mon retour.
Elle seule connaissait ma pochette, et savait pour l’argent.
Ses enfants mourraient de faim, maintenant je suis heureux, elle m’a aidé,
Si ma vie n’avait pas beaucoup de sens, ma mort grâce a elle, en a un.
La machette m’atteignit d’ abord au bras.
Bizarrement aucune douleur dans le choc, pourtant violent, puis un second coup dans le dos me fis me retourner .Les trois hommes invisibles dans le noir se saisirent de la pochette en jean, sans chercher, ils la trouvèrent immédiatement me laissant là, dans mon sang, la nuit était belle.
J’entendis juste le crissement revenu des grillons dans les fourrés, j’ai encore eu le temps de voir quelques lucioles se confondre avec l éblouissement et l’extase paisible qui m’envahi avant de mourir.
Pourtant, cette pochette en jean contenant passeport, carte bancaire et quelques milliers de pesos, personne ne la connaissait, plate comme une deuxième peau, invisible, sur le cote de mon bas ventre, accrochée solidement plus haut sur ma ceinture.
2-Josépha
Josépha surgit de nulle part, éclipsant par sa démarche animale la plupart de ses concurrentes.
Elle avait du métier malgré ses vingt ans.Sa peau noire comme une olive contrastait extraordinairement avec deux yeux agiles doux et aimantés pour tout homme passant dans leur faisceau.Un gringo fut sa première prise, il se leva a son appel, hypnotisé, la batchata résonnait dans nos tètes, les couples transpirant sous les ventilateurs se frottant sans retenue en un érotisme fascinant.
Kako, el dueno, dans son coin plus sombre, étirait ses jambes en relevant son tee short pout aérer son ventre luisant, noir et rebondi, il attendait.
Cinq ou six filles faisaient boire les clients haïtiens venus des environs, et quelques gringos locaux, installés avec femme noire et enfants pour oublier une vie antérieure, trouble la plus part du temps, ici pas de passé.
Notre présence de coopérants dans les bateys haïtiens était tolérée par les pègres locales, même la nuit pour aller à la discoteca, une petite masure tôlée, dans une impasse étroite et en pente.
Josépha partagea avec nous vuelques bières, sa jeunesse et sa fouge enflammant la piste et nos sens.
Tout nouvel arrivant devant ces danses d’une extraordinaire sensualité ne pouvait détacher son regard de ces corps ondulants, luisants, lascifs, d une beauté supérieure.
Les ruelles étroites du batey tout autour, abritaient des dizaines de jeunes noirs assis ou couchés plus ou moins par terre, il leur suffisait d étendre les jambes pour barrer le passage complètement.
La lourde chaleur de la nuit faisait briller leur peau noire.
La musique faisait bouger les tètes et les mains de ceux dehors qui, ne pouvant rentre r faute des 100 pesos pour une bière, attendaient. Les mains claquaient ouvertes au passage d un nouveau client, des chiens jaunes, faméliques, dormaient ça et là.
Les consignes étaient de rentrer tôt, de préférence à plusieurs, un bon kilomètre à pied dans la forêt nous séparait du camp, nature exubérante, plantes exotiques et crissements d’insectes invisibles garantis.
3-Ambiguité.
Le mois précédent ma mort me montra Josépha dans un tout autre contexte.
Le dimanche matin était consacré aux matchs de base ball, accompagné d un pasteur sur un terrain vague jouxtant le batey. Je ne la reconnu pas immédiatement sa panoplie de travail du soir déposée, elle vint me saluer en souriant vêtue d une toile percée et pieds nus, le pasteur avec qui je discutais lui demanda de s’asseoir, elle parlait créole et espagnol.
Sa silhouette m’est devenue familière, ainsi que son sourire, elle me présenta plus tard sa petite fille de 4 ans. Tous les jours je passais devant sa masure , la situation dans le batey était très tendue car la nourriture manquait vraiment, les enfants avaient le regard creux et vague.
Josépha devint de plus en plus proche tous les jours elle me proposait le mariage ou le concubinage malgré nos 40 ans de différence d âge.
La situation affective se compliqua lorsque sa fille s’attacha beaucoup a moi, j étais dans une nasse pris au piège, non préparé, fragile, jamais mon regard n’a été pour Josépha celui d’un amant possible, trop simple aussi de dire que c’est un regard de père ni l’ un ni l’autre n était vrai .
4-La dengue.
La chaleur et la moiteur omniprésente, la dengue fiévreuse finirent par avoir raison de ma lucidité. Josépha vint me soigner au camp huit jours de fièvre et d’hallucinations, la batchata en fond sonore, toujours et puis comme une marée qui se retire, la fièvre a reculée . Josépha m’expliqua la situation dramatique de l’absence de nourriture.
La notion d’amitié que je tentais d établir absolument lui était complètement étrangère, incompréhensible, un gringo ne pouvant être que mari ou client, pas de place dans cette situation extrême de famine ou la vie et la mort se côtoient.
Sa pression me devint insupportable, j’en vins à demander conseil à Kako son dueno de la discoteca.
Sa réponse fut sans appel, épouse la ou vit avec si tu ne peux pas, chasse la très fort et ne t’en occupe plus.
Les curés se sont protégés pour approcher les femmes, moi j’étais ivre des bons sentiments existant seulement pour ceux qui ont le ventre plein.
Josépha m ' annonça son deuxième enfant de père inconnu, je vis dans ses yeux de la peur et de la haine, mon engagement ici touchait a sa fin après un an de travail.
Josépha me dit adieu le matin de mon départ.
5-Le traquenard.
Je revins de la ville avec l’argent nécessaire à mon retour.
Elle seule connaissait ma pochette, et savait pour l’argent.
Ses enfants mourraient de faim, maintenant je suis heureux, elle m’a aidé,
Si ma vie n’avait pas beaucoup de sens, ma mort grâce a elle, en a un.
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